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Mis à jour le 8 octobre 2026 : Nouvelle condition pour les maisons depuis le 1er septembre 2026 : aucun équipement au gaz, au fioul ou au charbon installé ou conservé, sauf réseau de chaleur.
La rénovation d’ampleur est le parcours MaPrimeRénov’ qui finance jusqu’à 80 % de vos travaux. Depuis le 1er septembre 2026, c’est aussi, en métropole et hors travaux de copropriété, le seul qui finance encore l’isolation, les fenêtres, la ventilation, le chauffe-eau thermodynamique, le chauffage au bois et le solaire thermique : tous ces travaux ont quitté le parcours par geste. Vous n’avez donc plus vraiment le choix, mais le ticket d’entrée n’a pas baissé pour autant. Audit obligatoire, accompagnateur, rendez-vous préalable, trésorerie à avancer sur des dizaines de milliers d’euros, délais de réponse annoncés à plus de six mois et, en maison individuelle, une nouvelle condition : aucun chauffage au gaz conservé ni installé, même en appoint (le fioul et le charbon étaient déjà exclus). Voici les vrais chiffres, le vrai coût d’entrée et comment savoir si ce parcours est fait pour vous.
Rénovation d’ampleur : ce que le parcours exige vraiment
Le principe tient en une phrase : au lieu de financer un geste isolé, l’État subventionne un bouquet de travaux cohérent qui transforme la performance du logement, et impose en échange un résultat mesurable.
Le premier critère est le seul qui compte vraiment : gagner au moins deux classes au diagnostic de performance énergétique. Pas une, deux. Passer de F à D, de E à C. C’est l’audit énergétique qui le démontre en amont, et un audit après travaux, ou une attestation de classe énergétique, qui le confirme ensuite. Les gestes qui font sauter des classes sont détaillés dans notre article pour améliorer son DPE.
Le deuxième critère ferme la porte à beaucoup de monde : le logement doit être classé E, F ou G avant travaux. Une maison en D, même mal chauffée, n’a pas accès au parcours accompagné. C’est une règle depuis la réforme du 30 septembre 2025, et le guide de l’Anah de septembre 2026 la confirme pour toutes les catégories de revenus.
Le reste découle de là. Il faut au minimum deux gestes d’isolation, à choisir parmi la toiture, les murs, les planchers bas et les menuiseries. Le logement doit avoir au moins quinze ans et être une résidence principale, occupée au moins huit mois par an pendant trois ans à compter de la demande de paiement du solde. Pour un bailleur, il doit être loué comme résidence principale dans un délai d’un an et pendant au moins six ans à compter de cette même demande, un cas traité à part dans notre article sur les aides pour propriétaires bailleurs.
Ce qui a changé le 1er septembre 2026
Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 a modifié le parcours accompagné sur un point, et il est lourd.
Plus aucun équipement fossile en maison individuelle. Pour toute demande déposée depuis le 1er septembre, la rénovation d’ampleur d’une maison individuelle n’est plus aidée si les travaux installent ou conservent un système de chauffage ou de production d’eau chaude comportant au moins un équipement susceptible d’utiliser un combustible fossile : gaz, fioul ou charbon. Le fioul et le charbon étaient déjà exclus, la nouveauté porte sur le gaz, y compris en appoint. Le mot qui compte est « conserver ». Une pompe à chaleur neuve avec la vieille chaudière gaz gardée en secours, c’est un projet inéligible. Une pompe à chaleur hybride avec appoint gaz, c’est un projet inéligible. Un chauffe-eau gaz laissé en place pendant qu’on isole, c’est un projet inéligible. Seul le raccordement à un réseau de chaleur échappe à cette règle. Si la condition n’est pas respectée, l’Anah peut retirer la prime et en exiger le reversement.
La règle est réservée aux maisons individuelles. En appartement, conserver une chaudière gaz reste possible, mais pas un chauffage au fioul ou au charbon, et une pompe à chaleur hybride à appoint fossile n’est plus finançable.
La date de dépôt fait foi. Un dossier déposé le 29 août est instruit selon les anciennes règles, un dossier déposé le 2 septembre selon les nouvelles, quelle que soit la date du devis ou de l’audit. Gardez l’accusé de réception daté : en cas de litige, c’est la seule pièce qui compte. Si un refus vous est opposé, notre article sur MaPrimeRénov’ refusée détaille la marche à suivre.
Le même décret a fait de ce parcours la voie unique pour la plupart des travaux. Ce que ça change pour votre arbitrage est plus bas. Le panorama complet est dans notre guide MaPrimeRénov’ 2026.
Les montants réels en 2026
Le calcul est simple : un taux appliqué à un plafond de dépenses. Le taux dépend de vos revenus, le plafond du nombre de classes gagnées. Les taux et plafonds n’ont pas bougé en septembre, ils datent de la réforme du 30 septembre 2025.
| Profil | Taux | Aide max, gain 2 classes | Aide max, gain 3 classes | Cumul max des aides |
|---|---|---|---|---|
| Bleu (très modeste) | 80 % | 24 000 € | 32 000 € | 100 % |
| Jaune (modeste) | 60 % | 18 000 € | 24 000 € | 90 % |
| Violet (intermédiaire) | 45 % | 13 500 € | 18 000 € | 80 % |
| Rose (supérieur) | 10 % | 3 000 € | 4 000 € | 50 % |
Les plafonds de dépenses éligibles sont de 30 000 € HT pour un gain de deux classes, et de 40 000 € HT à partir de trois. Attention au piège de lecture : si votre devis atteint 50 000 €, le calcul se fait quand même sur le plafond, pas sur le devis. Le surplus n’est pas couvert par MaPrimeRénov’. La dernière colonne donne la part maximale du montant TTC des travaux que l’ensemble des aides peut couvrir, MaPrimeRénov’ comprise : c’est ce qu’on appelle l’écrêtement.
Ce que beaucoup de sites affichent encore et qui est faux depuis le 30 septembre 2025 : le bonus « sortie de passoire » de 10 points a été supprimé. Le plafond historique de 70 000 € HT pour un gain de quatre classes a disparu lui aussi. Si vous lisez « jusqu’à 90 % de MaPrimeRénov’ » quelque part (le taux de 80 % plus ce bonus), la page n’a pas été mise à jour. Et si vous y lisez encore des forfaits pour l’isolation par geste, elle date d’avant septembre 2026.
Le vrai coût d’entrée, celui dont personne ne parle
Le parcours accompagné n’est pas gratuit à l’entrée, et il exige surtout une chose que peu de ménages anticipent : de la trésorerie.
Vous avancez l’argent. C’est le point dur. La prime est versée après les travaux, sur présentation des factures. Sur un chantier de 40 000 €, il faut donc sortir la somme, ou la faire financer, avant de voir le premier euro d’aide. Les propriétaires occupants Bleu et Jaune peuvent demander une avance, limitée à 30 % du montant de l’aide. Pour le reste, c’est très exactement le rôle de l’éco-PTZ, qui prête jusqu’à 50 000 € à taux zéro sur vingt ans pour une rénovation globale, dans la limite du reste à charge, et permet de ne pas vider son épargne.
L’audit énergétique est obligatoire. Dans ce parcours, il fait partie de la mission de l’Accompagnateur Rénov’, dont la prestation est subventionnée (voir ci-dessous). Hors accompagnement, un audit coûte en général de 500 à 1 500 € pour une maison individuelle. C’est la pièce maîtresse du dossier : sans audit, pas de rénovation d’ampleur, et c’est lui qui atteste la classe E, F ou G de départ. Il définit aussi le scénario de travaux, ce qui vaut mieux qu’une case cochée. Le détail est dans notre article sur l’audit énergétique.
L’Accompagnateur Rénov’ aussi. Ce professionnel agréé par l’Anah réalise l’audit, propose le scénario, aide à choisir les artisans, vous aide à suivre le chantier, puis vérifie lors d’une seconde visite que les travaux réalisés correspondent au scénario choisi. Sa prestation est plafonnée à 2 000 € TTC (4 000 € en cas d’habitat indigne) et prise en charge à 100 % pour les ménages Bleu, 80 % Jaune, 40 % Violet et 20 % Rose. Il faut le choisir dès le début du projet, avant l’audit et les devis.
Le rendez-vous France Rénov’ est un passage obligé. Depuis la réouverture du guichet en février 2026, un rendez-vous avec un conseiller France Rénov’ précède le dépôt du dossier. Neutre et gratuit, il vise à sécuriser le parcours et la qualité des rénovations financées. L’attestation de ce rendez-vous fait partie des pièces obligatoires du dossier.
Les délais sont longs. Le guichet de la rénovation d’ampleur a été suspendu du 23 juin au 30 septembre 2025 (afflux de dossiers, dossiers de faible qualité, suspicions de fraude), puis fermé à nouveau jusqu’au 23 février 2026, ce qui a laissé des dossiers en attente. Selon des chiffres de l’Anah relayés en juillet 2026, les délais moyens de réponse dépassent six mois en rénovation d’ampleur. Entre le premier rendez-vous et le versement final, compter un an n’a rien d’excessif. Si votre chauffage lâche en novembre, ce n’est pas le bon parcours.
Par geste ou d’ampleur : comment trancher
Avant septembre, la question méritait un vrai calcul. Depuis, elle se pose beaucoup moins, et il faut le dire clairement.
Le parcours par geste ne finance plus que quatre choses : une pompe à chaleur air-eau ou géothermique sans appoint fossile, un raccordement à un réseau de chaleur, la dépose d’une cuve à fioul et un audit. Si votre projet se résume à remplacer une chaudière par une pompe à chaleur, le geste reste plus rapide, plus simple, sans audit ni accompagnateur, et il n’exige pas de classe E, F ou G : un logement classé A à D y a droit. Pour tout le reste, il n’y a plus d’arbitrage : c’est la rénovation d’ampleur, ou les aides de repli.
Prenons un ménage Jaune qui veut isoler ses combles et ses murs, et remplacer sa chaudière gaz. En parcours par geste, il touche 4 000 € pour la pompe à chaleur, et rien de MaPrimeRénov’ pour l’isolation, qui reste finançable par les primes CEE, l’éco-PTZ et la TVA à 5,5 %. Le budget par poste est dans notre article sur le prix d’une isolation de maison. En rénovation d’ampleur, avec un devis de 35 000 € HT, un logement classé E et un gain de deux classes, il obtient 60 % de 30 000 €, soit 18 000 €, à condition de retirer la chaudière gaz et de ne rien garder de fossile. Les murs sont couverts, l’accompagnement est pris en charge à 80 %, et l’écrêtement lui permet de monter jusqu’à 90 % du montant TTC des travaux avec les aides locales. Les primes CEE, elles, ne s’ajoutent pas : elles sont déjà intégrées dans le calcul de l’Anah, qui en a l’exclusivité, comme l’explique notre article pour cumuler les aides.
Le verdict tient donc à trois questions. Votre logement est-il classé E, F ou G ? Sinon, la porte est fermée, et il vous reste les CEE, l’éco-PTZ et la TVA à 5,5 % pour l’isolation. Êtes-vous prêt à sortir totalement du gaz et du fioul, en maison individuelle ? Sinon, même réponse. Et avez-vous la trésorerie ou l’éco-PTZ pour avancer les travaux ? Si les trois réponses sont oui, la rénovation d’ampleur est le meilleur financement qui existe en 2026, à tous les niveaux de revenus.
Un sursis à connaître pour les passoires : les maisons individuelles classées F ou G conservent l’accès au parcours par geste jusqu’au 31 décembre 2027 en métropole, mais uniquement pour les quatre gestes maintenus. Ce n’est plus la porte de secours qu’elle était pour financer une isolation urgente. Le calendrier complet est dans notre article sur le DPE 2026.
Les étapes, dans l’ordre
L’ordre n’est pas indicatif. Une erreur de séquence coûte le dossier entier.
1. Vérifiez les deux conditions d’entrée. Classe E, F ou G, et, en maison individuelle, abandon complet du gaz, du fioul et du charbon. Si l’une des deux manque, inutile d’aller plus loin sur ce parcours.
2. Rendez-vous avec un conseiller France Rénov’. Gratuit, neutre, obligatoire avant le dépôt.
3. Choix de l’Accompagnateur Rénov’ et audit énergétique. L’audit établit la classe de départ et les scénarios de travaux possibles.
4. Devis d’artisans RGE. Tous les intervenants doivent être qualifiés pour le geste qu’ils réalisent, et la vérification se fait sur l’annuaire officiel, comme l’explique notre guide pour choisir un artisan RGE. Pour une pompe à chaleur, vérifiez qu’elle ne comporte aucun appoint fossile : une pompe à chaleur hybride n’est plus finançable. Comparez, ne signez pas encore.
5. Dépôt du dossier sur votre compte France Rénov’, et attente de l’accord. Depuis le 17 août 2026, toutes les demandes passent par un compte personnel unique sur france-renov.gouv.fr, avec identification FranceConnect+. Conservez l’accusé de réception : c’est la date de dépôt qui fixe les règles applicables. Les travaux ne doivent pas commencer avant cet accusé de réception, sous peine de perdre l’aide (sauf urgence ou catastrophe naturelle ou technologique). Signez ensuite le devis seulement après la confirmation de l’attribution de la prime, et attendez la décision de l’Anah pour lancer le chantier, comme elle le recommande vivement : démarrer avant revient à engager des dizaines de milliers d’euros sans connaître le montant de votre aide. Dès la notification de la décision d’octroi, vous avez six mois pour débloquer l’éco-PTZ auprès de votre banque.
6. Travaux, puis audit après travaux. Cet audit, ou une attestation de classe énergétique, prouve le gain de classes. Le délai de réalisation, en général trois ans pour ce parcours, figure dans la décision d’octroi.
7. Envoi des factures, versement de la prime. Les factures se déposent en ligne, avec la demande de versement.
Les barèmes officiels, le simulateur public et le dépôt sont sur france-renov.gouv.fr, le décret et les arrêtés du 25 août 2026 sont accessibles depuis service-public.gouv.fr, et le guide des aides est publié chaque année par l’Anah. Pour situer votre profil et tester la condition fossile avant de vous lancer, notre simulateur MaPrimeRénov’ 2026 donne une première fourchette.
Questions fréquentes
Combien rapporte une rénovation d’ampleur en 2026 ?
Le taux va de 80 % pour les ménages très modestes à 10 % pour les revenus supérieurs, appliqué à un plafond de 30 000 € HT pour un gain de deux classes DPE, ou 40 000 € HT à partir de trois classes. L’aide maximale atteint donc 32 000 € pour un ménage très modeste avec un gain de trois classes.
Je me chauffe au gaz, puis-je faire une rénovation d’ampleur ?
En maison individuelle, oui, à condition que le projet remplace intégralement la chaudière par un système sans combustible fossile : pompe à chaleur sans appoint, bois, ou raccordement à un réseau de chaleur. Conserver la chaudière, même en secours, ou installer une pompe à chaleur hybride, rend tout le projet inéligible pour les demandes déposées depuis le 1er septembre 2026. En appartement, garder la chaudière gaz reste possible, mais une pompe à chaleur hybride à appoint fossile n’est plus finançable.
L’Accompagnateur Rénov’ est-il vraiment obligatoire ?
Oui, sans exception, pour le parcours accompagné. Il doit être choisi dès le début du projet, avant l’audit et les devis : c’est lui qui réalise l’audit, propose le scénario de travaux, vous aide à suivre le chantier et vérifie, après travaux, qu’ils correspondent au scénario choisi. Sa prestation est plafonnée à 2 000 € TTC (4 000 € en cas d’habitat indigne) et prise en charge à 100 % pour les ménages très modestes, 80 % pour les modestes, 40 % pour les intermédiaires et 20 % pour les revenus supérieurs. Il n’est pas requis pour le parcours par geste.
Faut-il avancer l’argent des travaux ?
Oui, dans la plupart des cas. La prime est versée après les travaux, sur présentation des factures. Sur un chantier de plusieurs dizaines de milliers d’euros, c’est la contrainte principale. Une avance, limitée à 30 % de l’aide, existe pour les propriétaires occupants très modestes et modestes, et l’éco-PTZ permet de financer le reste à charge à taux zéro, jusqu’à 50 000 € sur vingt ans.
Mon dossier a été déposé avant le 1er septembre 2026, que se passe-t-il ?
Il reste instruit selon les règles antérieures : la nouvelle condition sur le gaz ne s’applique pas, et les gestes retirés du parcours par geste restent finançables. L’ancienne règle demeure : pas de chauffage au fioul ou au charbon conservé, pas de chauffage majoritairement fossile installé. Conservez la preuve de la date de dépôt.
Peut-on faire les travaux en plusieurs fois ?
Oui, en deux étapes au plus. La première doit à elle seule faire gagner deux classes, avec au moins deux gestes d’isolation. Une seconde étape, facultative, doit amener le logement au moins en classe C s’il était classé F ou G, ou en classe B s’il était classé E. Les travaux peuvent être répartis entre plusieurs artisans, dans le délai fixé par la décision d’octroi, et l’Accompagnateur Rénov’ vous aide à suivre l’ensemble.
- La rénovation d’ampleur exige un logement classé E, F ou G, un gain d’au moins deux classes DPE et deux gestes d’isolation.
- Depuis le 1er septembre 2026, en maison individuelle, aucun équipement au gaz, au fioul ou au charbon ne peut être installé ni conservé, même en appoint (réseau de chaleur excepté). C’est la date de dépôt qui fixe la règle.
- Les taux 2026 : 80 % pour les très modestes, 60 % modestes, 45 % intermédiaires, 10 % revenus supérieurs, sur 30 000 € HT pour deux classes gagnées, 40 000 € HT à partir de trois.
- Le bonus sortie de passoire est supprimé depuis le 30 septembre 2025.
- Le vrai coût d’entrée : avancer l’argent, un accompagnateur obligatoire (audit compris dans sa mission), un rendez-vous France Rénov’ préalable et des délais de réponse annoncés à plus de six mois.
- C’est désormais, en métropole et hors copropriété, le seul parcours MaPrimeRénov’ qui finance l’isolation, les fenêtres, la ventilation, le chauffe-eau thermodynamique, le bois et le solaire thermique.
- Les primes CEE sont intégrées à l’aide : n’en demandez pas séparément pour les mêmes travaux.